La poudre de chrome est une forme métallique finement divisée de chrome pur (Cr), obtenue par électrolyse, réduction aluminothermique ou atomisation. Sa haute dureté, sa résistance à la corrosion et son point de fusion élevé en font une matière stratégique dans les secteurs de la métallurgie des poudres, des revêtements métalliques ou des catalyseurs. Très réactive à l’état pulvérulent, elle requiert des conditions strictes de manipulation. Ce matériau rare, dense et inflammable sous certaines conditions, présente des particularités fortes lors de son stockage et de son transfert.
La poudre de chrome se présente sous forme de particules très fines (quelques microns à 100 µm), de couleur gris foncé à noir mat. Sa forme peut être sphérique, lamellaire ou irrégulière selon le procédé de fabrication. Elle est dense, très dure, et reste relativement fluide à sec, mais devient cohésive dès qu’elle est confinée ou soumise à des charges électrostatiques. Très stable chimiquement à température ambiante, elle devient réactive sous certaines conditions (chaleur, air en mouvement, présence de gaz combustibles).
Le transfert de poudre de chrome nécessite des précautions renforcées en raison de sa nature métallique fine et réactive :
Risque ATEX élevé : la poudre de chrome, sous forme très fine, est inflammable en suspension et peut devenir explosive si elle est mélangée à l’air dans des volumes confinés. Elle doit être manipulée dans des installations antidéflagrantes et mises à la terre.
Abrasivité forte : en raison de sa très grande dureté, elle engendre une usure accélérée des vis, coudes, buses et systèmes de dosage. Les matériaux des équipements doivent être choisis avec soin (acier trempé, céramique, etc.).
Cohésion en vrac : les particules fines de chrome présentent une adhérence interparticulaire élevée, surtout lorsqu’elles sont soumises à des charges électrostatiques ou stockées longtemps. Cela peut entraîner des phénomènes de colmatage, de voûtage ou de décharge irrégulière.
Oxydation superficielle : le chrome peut développer une fine pellicule d’oxyde en surface en cas de stockage prolongé à l’air humide, modifiant ses propriétés métallurgiques ou conductrices. Un stockage sec, éventuellement inerté, est recommandé.
Poussières métalliques fines : la matière étant très fine, elle génère des poussières métalliques à faible granulométrie, qui doivent être captées ou confinées pour éviter tout risque pour la santé ou l’environnement.